"Mateneen. Fir all Famill. Fir all Kand.": le Premier ministre Luc Frieden et les ministres Gilles Roth, Claude Meisch et Max Hahn présentent un vaste paquet de mesures en faveur des familles et des enfants

En date du 6 janvier 2026, le Premier ministre, Luc Frieden, le ministre des Finances, Gilles Roth, le ministre de l'Éducation nationale, de l'Enfance et de la Jeunesse, Claude Meisch, et le ministre de la Famille, des Solidarités, du Vivre ensemble et de l'Accueil, Max Hahn, ont présenté un vaste paquet de mesures en faveur des familles et des enfants avec comme leitmotiv "Mateneen. Fir all Famill. Fir all Kand."

Le Premier ministre Luc Frieden déclare: "Les mesures annoncées aujourd'hui mettent en œuvre des objectifs primaires du gouvernement: un renforcement du pouvoir d'achat de tous les citoyens, une meilleure prise en compte de la diversité des compositions familiales, et une cohésion sociale renforcée par une lutte ambitieuse contre le risque de pauvreté, notamment la pauvreté infantile. Elles s'inscrivent pleinement dans la lignée directe de la politique gouvernementale menée depuis 2023 et visent à garantir à chaque enfant les meilleures conditions pour grandir, s'épanouir et construire son avenir."

Certaines des mesures font partie du plan d'action national de prévention et de lutte contre la pauvreté dont les grandes lignes ont déjà été dévoilées le 9 décembre 2025.

I. Réforme fiscale d'envergure – introduction d'une classe d'impôt unique à partir du 1er janvier 2028

Après les allègements fiscaux résultant de l'adaptation du barème de l'impôt sur le revenu des personnes physiques à hauteur de 6,5 tranches indiciaires en 2024 et en 2025, l'introduction d'une classe d'impôt unique à partir du 1er janvier 2028 constitue un véritable changement de paradigme en matière d'impôt sur le revenu des personnes physiques.

À partir de cette date, tous les contribuables nouveaux, de même que ceux appartenant aujourd'hui aux classes d'impôt 1 et 1a seront imposés suivant cette nouvelle classe d'impôt. Les contribuables imposés collectivement avant le 1er janvier 2028 pourront continuer à bénéficier du tarif de l'ancienne classe d'impôt 2 pendant 25 ans.

L'ambition de cette réforme est multiple:

  • plus de justice fiscale à travers d'une classe d'impôt unique qui tient compte de la diversité des constellations familiales actuelles

La classe d'impôt unique vise à tenir compte de la réalité sociétale d'aujourd'hui.

De ce fait, une mère restera une mère et un père restera un père indépendamment de l'état civil.

  • plus de prévisibilité même en cas de changement de la situation familiale du jour au lendemain et donc plus de stabilité financière

Si aujourd'hui p. ex. le décès d'une personne fait perdre au conjoint survivant le bénéfice de la classe d'impôt 2 au bout de trois ans, tel ne sera plus le cas à l'avenir. Grâce à la classe d'impôt unique, il n'y aura plus de changements de classe.

Le tarif d'imposition restera le même garantissant ainsi plus de prévisibilité et de stabilité financière au contribuable.

  • plus de pouvoir d'achat avec des allègements fiscaux pour la majorité des contribuables, les autres bénéficiant d'une période transitoire de 25 ans

Avec la nouvelle classe d'impôt unique, la tranche exonérée est sensiblement augmentée pour s'établir à 26.650 euros (contre 13.230 euros actuellement pour la classe d'impôt 1). De ce fait, le nouveau tarif aboutit à une réduction substantielle du taux d'imposition moyen.

Le nouveau barème d'imposition est plus favorable pour l'ensemble des contribuables appartenant actuellement à la classe d'impôt 1, donc notamment les jeunes, et ceux imposés en classe d'impôt 1a. Il en de même pour environ 85 % des contribuables imposés en classe d'impôt 2.

Les autres contribuables continueront à bénéficier du tarif de l'ancienne classe d'impôt 2 et donc du mécanisme du "splitting" pendant une période transitoire de 25 ans. Autrement dit, il n'y aura pas de perdants avec la nouvelle classe d'impôt.

Autre nouveauté: en cas de survenance d'un décès ou d'un divorce durant la période transitoire, le bénéfice du tarif de l'ancienne classe d'impôt 2 est maintenu pendant 5 ans (au lieu de 3 ans actuellement).

  • davantage de soutien aux personnes qui réduisent leur activité pour notamment s'occuper de leurs enfants ou d'une personne dans le besoin

Le soutien aux parents est double. Ils bénéficieront, d'une part, d'un nouvel abattement, appelé "abattement petite enfance" de 5.400 euros par an et par enfant de moins de 3 ans. Cette limite d'âge tient compte du fait qu'à partir de 3 ans, les enfants pourront bénéficier de l'éducation précoce.

D'autres part, les cotisations payées au profit du conjoint ou partenaire ayant réduit, voire arrêté l'activité au titre d'une assurance pension volontaire sont déductibles comme dépenses spéciales. De la sorte, les droits de pension de la personne travaillant à temps partiel ou inactif seront préservés dans la durée.

  • davantage de soutien aux ménages monoparentaux

Le montant du crédit d'impôt monoparental est une nouvelle fois augmenté à 4.008 euros (contre 3.504 euros actuellement). Cette mesure vise à tenir compte de la situation particulière des parents monoparentaux particulièrement exposés au risque de pauvreté.

L'abattement pour enfants ne faisant pas partie du ménage du contribuable est également revu à la hausse de 5.424 euros à 5.928 euros.

  • davantage de déductibilités fiscales

Avec l'entrée en vigueur de la réforme fiscale, le plafond de déductibilité des intérêts débiteurs ainsi que des primes et cotisations d'assurances acquittés par les contribuables est fixé à 900 euros au lieu de 672 euros actuellement.

En même temps, le montant annuel déductible des cotisations versées en vertu d'un contrat d'épargne-logement est porté de 1.344 euros à 1.500 euros pour les personnes âgées de 18 ans à 40 ans accomplis, et de 672 euros à 900 euros dans les autres cas.

À noter également que l'abattement forfaitaire pour frais de domesticité, frais d'aides et de soins en raison de l'état de dépendance ainsi que pour frais de garde d'enfant est fixé à 6.000 euros (au lieu de 5.400 euros actuellement).

Enfin, les tranches de revenu applicables au niveau de l'abattement de revenu imposable du fait de charges extraordinaires qui sont inévitables et qui réduisent d'une façon considérable la faculté contributive du contribuable sont réévaluées substantiellement.

  • introduction d'un mécanisme d'indexation du barème d'imposition

Dans le cadre de la réforme fiscale, il est également proposé d'introduire un mécanisme d'indexation du barème d'imposition à la suite de trois tranches indiciaires. Il s'agit d'un correctif à une ponction fiscale alourdie résultant de l'érosion monétaire due à la hausse continue des prix (Kalte Progression).

Et Gilles Roth de commenter: "Le paquet de mesures présenté aujourd'hui constitue la quintessence de l'action menée par ce gouvernement. Avec une politique centrée sur les familles et les enfants. À travers une réforme fiscale majeure sans perdants et avec des allègements fiscaux substantiels pour une très large partie de la population. Un nouveau régime fiscal qui tient spécifiquement compte de la présence d'enfants dans un ménage. Un système fiscal axé sur les jeunes et les familles monoparentales. Un système fiscal en phase avec les attentes des personnes plus âgées. Bref un système fiscal en phase avec les réalités sociétales d'aujourd'hui."

II. Réforme du chèque-service accueil: un investissement pour réduire la charge financière des familles

Avec la réforme du dispositif du chèque-service accueil (CSA), le gouvernement renforce l'accessibilité aux services d'éducation et d'accueil (crèches, maisons-relais, foyers scolaires, assistants parentaux). Le CSA est un élément-clé pour garantir un accès équitable à l'éducation non formelle et pour lutter contre la pauvreté infantile.

"L'éducation non formelle dans les crèches et les maisons relais rend nos enfants plus forts. Avec la réforme du chèque-service accueil, nous soulageons une fois de plus substantiellement les parents, jusqu'à plusieurs milliers d'euros par ménage et par an, selon la situation. Les enfants bénéficient d'un encadrement de qualité, les parents d'un allègement financier. Un accueil de qualité et financièrement accessible est la meilleure garantie contre la pauvreté infantile, aujourd'hui et demain", a souligné le ministre de l'Éducation nationale, de l'Enfance et de la Jeunesse, Claude Meisch.

L'accès aux services d'éducation et d'accueil constitue un levier essentiel pour concilier la vie familiale et la vie professionnelle des parents. De nombreuses études démontrent qu'un accueil de qualité dans une structure de l'éducation non formelle a des effets positifs, tant sur le développement émotionnel des enfants que sur leurs apprentissages scolaires. La réforme du chèque service accueil représente un investissement dans la qualité des services de l'éducation non-formelle.

Un levier pour l'équité des chances

La réforme s'articule autour de quatre axes principaux: l'allègement financier des parents, la garantie d'une place d'accueil pour chaque enfant d'ici 2030, l'amélioration de la qualité des services et une gouvernance renforcée.

Un allègement financier considérable

Afin d'alléger la charge financière des parents et d'assurer une répartition plus équitable des frais, plusieurs mesures seront mises en œuvre, accompagnées d'un soutien ciblé dans le cadre de la lutte contre la pauvreté infantile.

  • Pour assurer une facturation plus juste et adaptée aux besoins réels, de nouvelles règles de facturation seront applicables. Une tarification uniforme sera appliquée dans tous les services d'éducation et d'accueil; ceux-ci ne factureront plus de supplément. La facturation se fera selon les heures d'inscription de l'enfant et non plus selon un forfait d'heures imposé aux parents. Les parents pourront également adapter mensuellement leurs besoins en heures d'accueil.
  • Le barème du CSA sera adapté. Pour réduire davantage la pauvreté infantile, les ménages dont le revenu est inférieur ou égal à 3,5 fois le salaire social minimum bénéficieront d'un allégement financier ciblé.
  • Les enfants de 1 à 4 ans accueillis par des assistants parentaux bénéficieront de 20 heures d'accueil hebdomadaires gratuites.

79 millions d'euros d'économies pour les parents par an

Le total des économies réalisées par les ménages et calculées sur l'ensemble des enfants s'élève à 79 millions d'euros par an, financées via une compensation étatique versée aux services d'éducation et d'accueil.

Un ménage avec un enfant de deux ans fréquentant un service d'éducation et d'accueil non-conventionné et ayant un revenu de 2 à 2,5 fois le salaire social minimum peut économiser 5.064 euros/an, selon les heures d'accueil.

Les allègements financiers seront complétés par d'autres mesures. Le gouvernement réaffirme son objectif de garantir, d'ici 2030, une place d'accueil pour chaque enfant qui en a besoin dans un service d'éducation et d'accueil, et investira de manière ciblée dans la qualité des services. De nouvelles règles de gouvernance renforceront la transparence et garantiront que les investissements dans l'éducation non formelle bénéficient effectivement aux enfants.

III. Renforcement du soutien aux familles − augmentation structurelle des allocations familiales et introduction d'une aide financière ciblée pour ménages à faible revenu avec enfants scolarisés

Face à cette réforme fiscale fondamentale, une priorité élémentaire consiste à renforcer le soutien aux familles, dont notamment les ménages avec enfants. Ainsi, différentes adaptations au niveau des prestations de la Caisse pour l'avenir des enfants seront réalisées:

  • Augmentation structurelle des allocations familiales de 45 euros pour les enfants jusqu'à l'âge de 12 ans, et de 60 euros pour les enfants âgés de plus de 12 ans;
  • Introduction d'une aide financière ciblée pour ménages à faible revenu avec enfants scolarisés, allant jusqu'à 3.000 euros par enfant par an;
  • Augmentation de l'allocation de rentrée scolaire de 60 euros pour les enfants âgés de 6 à 11 ans, et de 90 euros pour les enfants âgés de plus de 12 ans;
  • Introduction d'une 4e tranche dans les primes de naissance;
  • Indexation automatique de l'allocation de rentrée scolaire, de l'allocation spéciale supplémentaire et des primes de naissance.

"Dans le cadre de ce changement sociétal majeur, il est essentiel pour nous de mettre l'accent sur les familles. L'objectif est de permettre à chaque enfant de grandir dans les meilleures conditions, et de garantir que ses besoins soient couverts, indépendamment de la situation des parents", souligne le ministre de la Famille, des Solidarités, du Vivre ensemble et de l'Accueil, Max Hahn.

Communiqué par le ministère d'État, le ministère des Finances, le ministère de la Famille, des Solidarités, du Vivre ensemble et de l'Accueil et le ministère de l'Éducation nationale, de l'Enfance et de la Jeunesse